La pression réglementaire autour des emballages s’intensifie. Entre objectifs de réduction, exigences de recyclabilité et nouvelles obligations de traçabilité, les acheteurs sont aujourd’hui en première ligne pour accompagner la transformation durable des chaînes d’approvisionnement. Mais concrètement, quels sont les impacts de ces évolutions sur leurs pratiques ?
1. Un cadre réglementaire qui se durcit
Les politiques européennes et nationales — en particulier la directive SUP (Single-Use Plastics), le règlement PPWR en cours d’adoption et les lois françaises AGEC et Climat — imposent des changements majeurs :
Réduction des emballages à usage unique;
Objectifs de réemploi dans certains secteurs;
Taux minimums de matières recyclées dans les plastiques;
Recyclabilité obligatoire de la plupart des emballages d’ici 2030;
Étiquetage renforcé sur la fin de vie et la composition des matériaux.
Ces mesures modifient directement les cahiers des charges et complexifient le sourcing de solutions conformes.
2. Des obligations de reporting et de traçabilité accrus
Les entreprises doivent désormais documenter plus finement :
la composition exacte de leurs emballages,
les taux de recyclabilité,
les volumes mis sur le marché,
les performances carbone et environnementales.
Pour les acheteurs, cela implique de travailler avec des fournisseurs capables de fournir des données vérifiables, parfois via des plateformes de conformité (EPR, REP, éco-organismes).
3. Un sourcing plus stratégique et moins linéaire
La matière vierge n’est plus la norme. Les acheteurs doivent intégrer :
des alternatives biosourcées,
des matériaux recyclés (PCR),
des emballages réemployables,
et des solutions mono-matériau plus facilement recyclables.
Ce changement entraîne souvent une montée du coût unitaire, mais ouvre aussi la voie à de nouvelles collaborations industrielles, à des achats groupés ou à des contrats d’innovation plus poussés.
4. Le casse-tête des arbitrages économiques
Entre durabilité, disponibilité des matériaux et compétitivité prix, l’acheteur doit trouver le juste équilibre.
Les arbitrages deviennent plus complexes car :
les matières recyclées sont parfois plus chères que la matière vierge ;
les délais d’approvisionnement peuvent être plus longs ;
les changements d'emballage nécessitent souvent des adaptations techniques (machines, logistique, tests).
Les acheteurs doivent donc intégrer des analyses TCO (Total Cost of Ownership) et ACV pour justifier leurs choix.